Les jeunes du Nouveau-Brunswick réclament l’interdiction des sacs de plastique

« Il n’est pas plus compliqué d’emporter un sac pour aller faire ses courses que d’emporter ses clés de voiture », déclare l’instigatrice de la pétition, Lavallee Forbes.

Élection 2018 : Posez aux candidats qui passent chez vous la question suivante...

Protégerez-vous notre océan, nos parcs, nos cours d’eau et nos lacs en vous engageant à interdire les sacs de plastique à usage unique au Nouveau-Brunswick?

Durant un séjour de quatre mois au Maroc, en Afrique, Lavallee Forbes, alors âgée de 21 ans, a été impressionnée par l’effervescence des marchés qui animaient les rues de la ville.  

Véritables mines de trésors, les magasins colorés recelaient une multitude de marchandises locales, à l’exception manifeste d’un seul type d’article : les sacs de plastique.  

En effet, ce pays d’Afrique du Nord en a interdit la production, l’importation, la vente et la distribution en 2016.

Lavallee, qui est originaire de Fredericton et étudie à l’Université Queen, s’est inspirée du succès de cette initiative avant-gardiste.

« Le fait d’avoir passé quatre mois dans un pays qui a réussi à interdire les sacs de plastique m’a permis de constater qu’il était très facile de mettre en place une telle interdiction et m’a incitée à me demander pourquoi je ne pourrais pas faire la même chose chez moi », a-t-elle expliqué au Conseil de conservation lors d’une récente entrevue.

Elle a alors mis la main à la pâte.

Avec ses amis, Rachèle Phinney, Rhys Briden, Tristan Workman et Lucas Gutiérrez-Robert, Lavallee a lancé une pétition visant à interdire les sacs de plastique au Nouveau-Brunswick. Les cinq complères ont formé un groupe (Ban Plastique Bags NB – présent sur les médias sociaux), puis ont fait du porte-à-porte pour recueillir des signatures dans plusieurs collectivités du N.-B.

Lavallee a remarqué qu’au Maroc, les commerçants remplaçaient les sacs de plastique par de petits sacs de tissu mince qu’ils remettaient gratuitement aux clients qui n’avaient pas de sac réutilisable. Les gens avec lesquels elle a parlé durant son séjour lui ont aussi dit qu’il ne leur avait pas fallu beaucoup de temps pour s’habituer à la nouvelle loi.

« Je pense que certaines personnes craignent que l’interdiction des sacs de plastique constitue un inconvénient. Mais dès que vous vous retrouvez dans un endroit où les sacs de plastique sont interdits, vous vous rendez compte que cette interdiction n’affecte en rien la vie de tous les jours. Il n’est pas plus compliqué d’emporter un sac pour aller faire ses courses que d’emporter ses clés de voiture », a-t-elle affirmé.

Une image du « homard Pepsi » pêché au large de Grand Manan en Novembre 2017. Au Canada, près de 90 % des articles de plastique sont incinérés ou se retrouvent dans nos décharges, nos lacs, nos parcs et nos océans.

Les membres du groupe ont recueilli plus de 500 signatures en quelques semaines seulement. Des exemplaires de la pétition sont affichés dans des entreprises de  Fredericton, de Moncton, de Saint John, d’Oromocto et de Stanley. Ils ont l’intention de présenter la pétition au gouvernement provincial qui sera élu en septembre.

Lavallee a indiqué que leur page Facebook et leur compte Instagram  les aidaient à passer le mot  et qu’ils avaient déjà reçu du soutien de la part d’utilisateurs de Facebook du monde entier, notamment d’Inde et des États-Unis. Certains de ses camarades de classe de l’Ontario ont même communiqué avec elle pour lui demander s’ils pourraient lancer une initiative similaire lors de la rentrée scolaire à Kingston, cet automne.

Dans un feuillet d’information, les membres du groupe expliquent que l’interdiction des sacs de plastique avait été aisément adoptée dans des pays tels que le Maroc, le, Kenya, la Mauritanie et  l’Érythrée. Ils ont aussi relevé que des pays comme la Chine, le Danemark, l’Allemagne, l’Angleterre et la France ont commencé à découragé l’utilisation des sacs de plastique.

En janvier, Montréal est devenue la première ville canadienne à promulguer l’interdiction des sacs de plastique dans toute la ville et, le 1er juillet, Victoria (C.-B.) lui a emboîté le pas.

Cette tendance se fait également sentir plus près de chez nous : un sondage publié en mars par Corporate Research Associates, dont le siège social est à Halifax, a permis de constaté que 70 % des personnes vivant à Moncton, à Saint John et à Fredericton sont en faveur de l’interdiction des sacs de plastique. Le Conseil de la ville de Moncton envisage cette possibilité, tandis que de plus en plus d’entreprises et de restaurants de la province tournent le dos aux articles de plastique à usage unique tels que les pailles.

L’automne dernier, un cas de pollution par le plastique dans la Baie de Fundy a fait les manchettes de la presse internationale lorsqu’un homard pêché au large de Grand Manan s’est retrouvé avec le logo d’une cannette de Pepsi imprimée sur l’une de ses pinces.

S’adressant à des journalistes du monde entier, et notamment de la BBC, la sentinelle de la Baie de Fundy, Matt Abbott, a déclaré que le cas du « homard Pepsi » montre bien dans quelle mesure le plastique pollue notre océan.

« Nous nous imaginons des déchets qui flottent à la surface de l’eau, puis atterrissent sur des plages, mais ce cas montre bien que ce type de pollution affecte toute la colonne d’eau et qu’aucune partie de l’océan n’est à l’abri des risques de dégâts causés par les déchets et le plastique », affirme M. Abbott, soulignant que le plastique est particulièrement nocif, car il se désagrège en particules microscopiques qui demeurent dans l’eau et que les habitants de l’océan prennent souvent pour de la nourriture.

  1. Abbott a salué l’initiative de Lavallee et de ses amis, qui ont soulevé ce problème chez nous et travaillent en vue d’obtenir les changements législatifs nécessaires pour y remédier.   

« Nous avons besoin de chefs de file forts, tant chez les jeunes que chez les représentants élus, pour régler ce problème ensemble », a-t-il déclaré. « Nous pouvons faire des choix plus judicieux, adopter des lois plus pertinentes et exiger des entreprises qu’elles prennent des décisions qui relèvent du bon sens concernant l’emballage de leurs produits. Nous allions très bien avant de devenir dépendants des emballages de plastique, alors je pense que nous pouvons facilement trouver des solutions de rechange.

Share this Post

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur email
Retour haut de page