De Chaleur à Tormentine

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De la baie des Chaleurs à Cap Tormentine

Les côtes nord et est du Nouveau-Brunswick s’étendent sur près de 1 700 kilomètres, à partir de l’embouchure de la rivière Restigouche à la frontière du Québec jusqu’à Baie-Verte à la frontière de la Nouvelle-Écosse. Survoler cette zone en avion offre des scènes spectaculaires et permet d’observer les caractéristiques les plus importantes de cette zone maritime. La zone côtière se caractérise par des basses terres et des chapelets d’îles-barrières, de dunes et de récifs à partir de Cap Tormentine jusqu’à la baie des Chaleurs, et comprend des sables, beaucoup de sables.

Les sables, une des principales caractéristiques des côtes nord et est du Nouveau-Brunswick, influencent la nature même de ces zones de la même manière que les grandes marées le font pour la baie de Fundy. Le déplacement des sables, comme le rythme dynamique et puissant des marées, influence la géographie côtière, sculpte les habitats et favorise certaines espèces plutôt que d’autres. Quand des obstacles sont posés au mouvement naturel des marées, cela peut avoir un impact écologique désastreux. Il en est de même quand on altère le mouvement naturel des sables.

Au cours des 100 dernières années, il n’y a pas que les sables qui se sont déplacés sur les côtes nord et est du Nouveau-Brunswick. L’écologie et l’économie ont également beaucoup changé. Il est tentant de dire que ces modifications sont naturelles, et sont causées par des changements de technologies ou de climat, la progression de l’économie, les fluctuations du marché ou des populations animales, ou encore la montée de la globalisation. C’est peut-être le cas pour certaines industries ou certains écosystèmes, mais il n’y a rien de naturel au sujet de la contamination et destruction croissantes et systématiques des populations de poissons sauvages et de leurs habitats côtiers.

Les exploitations minières, les usines de pâtes et papiers et d’autres industries ont contaminé les rivières, les estuaires et les baies. Des marais salants ont été détruits pour faire place à des aménagements immobiliers tels que maisons, chalets ou entreprises.  Des zones écologiques fragiles ont été sacrifiées au profit de terrains de golf. Des chenaux, des canaux et des baies ont été dragués afin d’aménager des ports de plaisance et des centres de services maritimes. En 2007, un groupe de travail sur l’autosuffisance a recommandé à la province de lancer un vaste programme d’expansion de l’aquaculture de crustacés, principalement d’huîtres, dans les baies et les estuaires des côtes nord et est de la province.

Depuis plus de 10 ans, des citoyens et des organisations communautaires cherchent à sensibiliser la population au sujet de la contamination et problèmes côtiers, et de la surveillance et restauration des habitats. Trop souvent, ces groupes sont impuissants et ne peuvent agir si les lois sont inadéquates ou quand les autorités ne font pas respecter les lois en vigueur, ou encore lorsque aucune loi n’existe pour protéger certains de ces habitats.

En 1998, le Conseil de conservation a marqué l’année internationale des océans en amorçant une étude exhaustive des défis auxquels sont confrontés les écosystèmes côtiers du nord et de l’est du Nouveau-Brunswick. L’étude a permis la publication d’un rapport de 144 pages intitulé : Shifting Sands: State of the Coast in Northern and Eastern New Brunswick. Depuis la parution de ce document, le Conseil de conservation a publié plusieurs autres rapports et a formulé des recommandations afin de renverser les tendances actuelles et de restaurer les écosystèmes côtiers du nord et de l’est de la province.

Un développement contagieux continue de balayer nos régions côtières et de menacer, à la fois, les systèmes économique et écologique. Nos ressources côtières pourront-elles résister aux pressions qu’elles subissent? Pour le moment, il est impossible de répondre à cette question. Toutefois, les symptômes nous indiquent que le « patient » est très malade. Une chose est certaine, il n’existe pas de système artificiel pour maintenir  ce « patient » en vie, et il n’y a pas non plus de technologies capables de remplacer les fonctions accomplies par les marais salants, les herbiers de zostères, les dunes, les estuaires soumis à l’influence des marées, les bancs d’huîtres, les plages et les îles-barrières. C’est à nous d’agir rapidement si nous voulons permettre au « patient » de récupérer.

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